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par Véronique Audet

Atikamekw de Manawan, Sakay Ottawa (prononcé Sagui) est auteur, compositeur et interprète depuis près de 15 ans. Ses chansons en langue atikamekw nous plongent dans un monde d’humanité et de spiritualité où la nature, les hommes et les traditions ne font qu’un. À travers la musique, Sakay nous raconte son histoire et son cheminement personnel, en incitant à une prise de conscience et à l’action en toute lucidité.

Sakay est un porteur d’espoir; il est un modèle de jeune autochtone dans la trentaine qui vit ses racines atikamekw et les portage, comme ses ancêtres, dans le monde contemporain afin d’agir pour un monde plus harmonieux et responsable. Comme il le dit dans sa chanson Ekota Ota (C’est d’ici que je viens):

« Les souvenirs de mon grand-père me reviennent / C’est ici qu’ils ont vécu, / C’est ici qu’ils ont marché, / Nous devons être reconnaissants envers eux, / Pour le portage qu’ils nous ont laissé, / Vous me retrouverez toujours ici.»
  
Sakay Ottawa porteur d'espoir et de fierté
Le magazine web francophone des Premières Nations
ÉCHO-NATIONS
Il a composé ses premières chansons dès son adolescence. Par exemple, Awin kirano? (Qui sommes-nous?) est l’une des premières chansons qu’il a écrites: «C’est une des questions que je me suis posées quand j’étais à la période de l’adolescence; je me posais plein de questions. Qui j’étais? Qui on était? Pourquoi, quand on regarde au niveau de notre communauté, pourquoi on vit telle chose? Je regardais tout ce qui se passait dans ma vie, puis dans la vie dans notre communauté, tout ça. Je me disais que l’une des choses qu’il faut qu’on fasse individuellement, c’est d’apprendre à se connaître, à vivre ensemble, de s’aimer comme on est, pour pouvoir être capable de mieux vivre en harmonie, en communauté*.» Sa chanson présentée en extrait, Aka awik e witak (Personne pour le dire) porte aussi le même message.
Sakay a lancé son premier album, Ekote Ota «C’est d’ici que je viens», en juillet 2006. Il a collaboré avec les musiciens Atikamekw Patrick Boivin, Louis-Philippe Boivin, Justin Lambert Niquay, Pascal Ottawa, ainsi qu’avec le musicien et directeur artistique Huron-Wendat d’expérience Gilles Sioui. Il travaille présentement sur son deuxième album. Il privilégie le style folk-rock, un peu comme son idole, Florent Vollant, pour qui il a le plus grand respect.

Connu et respecté dans le milieu autochtone, marié et père de quatre enfants, Sakay est aussi enseignant régulier à l’école primaire de Manawan depuis 2001. Il a fait ses études universitaires à Chicoutimi à la fin des années 1990.

On peut l’entendre dans plusieurs spectacles et festivals. Dernièrement, il a présenté plusieurs spectacles, notamment à la Butte Saint-Jacques, à l’événement Rythmes Nomades, au colloque d’Amnistie Internationale, au spectacle Mishta Amun le 24 mai dernier au Palais Montcalm à Québec.
  
Spectacles à venir:
31 mai 2008: Hotel Matawini, Saint-Michel-des-Saints
21 juin 2008: Baie-James
27 juin 2008: Rendez-Vous du Thé sur Fleury Est, Montréal
29, 30 juin et 1er juillet: Spectacle de la Société des Arts Technologiques (SAT), 400e de Québec
11 et 25 juillet: Auberge du Trappeur,  Saint-Mathieu-du-Parc
17 juillet 2008: Espace 400e, Québec (aussi août 2008)
18 avril 2009: Festival A.R.A.M., Repentigny.

Pour se procurer l’album Ekote Ota:
Par internet au http://www.boutiquedartsamerindiens.com
Ou dans les magasins Archambault de la ville de Québec

Contact:  louise.lhuot@sympatico.ca

  
*Sakay Ottawa en entrevue pour Voix autochtones, mars 2006
 «L'une des choses qu’il faut qu’on fasse individuellement, c’est d’apprendre à se connaître, à vivre ensemble, de s’aimer comme on est, pour pouvoir être capable de mieux vivre en harmonie, en communauté*.»

Sakay Ottawa
Ekote ota (e otcian)

Ni micta pa mireriten
Ota e pa tacikeian
Micta mitcen kekocica
Ke ki totamapan
Tepirak kanawapatcikatew
E ici waskackakonaniwok

Ekote ota mocak ke moteian
Ekote ota mocak ke wapamokoian
Ekote ota mocak ke tacikeian
Ekote ota, ekote ota, ekote ota
Ekote ota, ekote ota e ototeian
C’est d’ici que je viens
(traduction)
Je me sens tellement bien
Quand je suis ici (en territoire)
Il y a tellement de choses
que je peux faire
Il suffit de regarder tout ce qui m’entoure

C’est ici que je marcherai toujours
C’est ici qu’on me verra toujours
C’est ici que je resterai à jamais
C’est ici, c’est ici, c’est d’ici
que je viens
Extrait #2
Personne pour le dire
(traduction)

De nos jours, il n’est pas facile de s’exprimer,
De dire ce qui nous arrive, de dire ce que l’on pense.


Nous sommes nombreux à ne rien faire,
nous faisons que se regarder,
tellement que nous faisons rien,
nous sommes en train de s’empêcher d’avancer.

De quoi avons-nous peur ?
C’est peut-être pour ça que nous vivons ainsi.
Extrait #2
Aka awik e witak

Anotc aci nama wetacin (wetan)
E matisinaniwok, e arimowaniwok
Kitci witcikatek
Tan ni e ispariwok, tan e iteritamekw

E micta tca mitcetiwok
Aka wiec e totamekw
Tepirak e kinawapatisowekw
Epitc aka wiec e totamekw
Erotc aci kekirano ki mitcipirinano
Kekwan ka koctamekw ceckwat ki cakwerimonano
Ekoni wetci pot ispariwok
  
Paroles et musique : Sakay Ottawa
Sakay nous raconte son histoire et son cheminement personnel, en incitant à une prise de conscience et à l’action en toute lucidité.
Extraits musicaux de l'album Ekote ota
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Dj Madeskimo, alias Geronimo Inutiq, lançait la semaine dernière deux albums: Developments et Explorations. Si le DJ montréalais originaire d'Iqualuit ne manque pas d'originalité lors de ses soirées DJ, il nous le prouve une fois de plus, cette fois-ci en CD.

Pour lire la suite et savoir comment se procurer ces albums, cliquez ici.
Passionné par l’histoire et la culture atikamekw, il s’implique activement dans sa communauté, surtout auprès des jeunes en leur donnant l’espoir et la fierté tant recherchés. Il s’est d’ailleurs mérité une mention spéciale pour le prix «Éducation artistique» à l’événement des grands prix Desjardins de la culture de Lanaudière en novembre 2007.
Sa chanson Ni ka totenan incite les jeunes à s’affirmer et assumer leurs responsabilités, tout en rassurant les aînés sur la relève: «J’ai composé une chanson lors d’un événement qui rassemblait les jeunes et les aînés (Rassemblement Mamuitun 2004, Shipit, sur le bord de la rivière Moisie). J’ai écouté beaucoup les aînés quand ils disaient des messages aux jeunes. Ça m’a beaucoup touché, et après cette rencontre-là, j’ai complété une chanson que j’avais entamée, Ni ka totenan, qui veut dire, «Nous l’assumerons». Nous l’assumerons ce que nous les jeunes, on doit faire pour continuer à traverser tous les défis qui nous attendent, les enjeux, puis on sait qu’on a beaucoup de choses à faire en tant que Premières Nations. J’ai espoir, et c’est ça que je dis dans la chanson: j’ai espoir, on va être là, et on va être toujours là. C’est comme une chanson que je dis à tous les aînés, nos aînés, pour leur donner espoir, au nom de la jeunesse autochtone*.»